Xavier Ramillon

Cette ” voix sans issue”, c’est ma voix qui tourne sur les scènes, trois petits tours et puis s’en va … Et la voilà qui se retrouve “Entre guillemets” pour voyager de main en main, maquillée d’encre, sur papier.

 

L’ouvrage VOIX SANS ISSUE de Xavier Ramillon est vendu au prix unitaire de 10e

Xavier Ramillon est né bien longtemps avant le MP3, il a découvert, à la dérobée, la musique en 45 tours et la poésie en ouvrages brochés cachés dans la doublure de son blouson noir. De DADA à ZAPPA et de FERRÉ à DEBORD, puis de la BEAT GENERATION jusqu’aux LAST POETS, il a baladé ses cinq sens.
À cette époque, le plein emploi régnait en maître, il en est devenu l’esclave, « blanchissant sous le harnais », tout en remplissant des pages de mots et des tiroirs de pages.
Il a publié un recueil de jeunesse à compte d’auteur, s’est essayé à la SF (Spéculative Fiction). Puis il a oublié tout ça, jusqu’à ce qu’il voie la gueule d’Henri Mile sur un flyer qui disait : « un vers dit, un verre offert » Le tract disait aussi que c’était du Slam ?!!! Il a dit un vers, il a bu un verre, puis deux, puis trois et il est devenu « Slamcoolique », s’est remis à écrire, jusqu’à ce cri lancé à la vie sous la forme d’une petite annonce : « Au secours, je déborde ! Obsédé textuel je cherche, du bromure, de la castration chimique. J’ai des textes partout. Je n’arrive pas à jeter la moindre de mes chiures, ça s’entasse depuis des années, ça m’encombre et ça commence à se répandre. J’en ai plein les poches, plein les tiroirs, plein la tête, plein le cul ! Comment faire pour ne pas mourir étouffé ? Comment accéder au pilon si l’on n’a pas publié ? J’ai des écrits de toutes les couleurs, des poèmes d’amour, des brouillons de haine et quelques mots d’humour, des nouvelles et des récits, des lettres en serpentins qui ne parlent que de moi. J’ai une super collection de fautes d’orthographe et de mauvais Français. Je suis ma propre bibliothèque que je voudrais brûler. Il faudrait que je fasse une braderie, des soldes, un vide grenier, ça pullule ! »
Depuis, il a fait un recueil de Haïku en autoproduction et puis, Universlam a eu pitié de lui en collant un numéro d’ISBN sur quelques-uns de ses textes qui maintenant constituent ce livre. Xavier n’apprend pas ses textes par cœur, il préfère écrire plutôt que répéter, il fait partie de ces Slameurs dont la feuille tremble au gré du vent qui souffle sur les scènes. Ce n’est pas un acteur, ni un improvisateur, ni poète, ni prosateur juste un écriveur un peu rêveur. Il fabrique des images boomerangs qu’il balance dans les salles des bistros où les mots des autres lui reviennent en écho. Ainsi vont les soirées Spoken Word dont les phrases tourbillonnent portées par ces « VOIX SANS ISSUE » qui sont celles que l’on écoute avec un casque d’émotion sur le palpitant. Elles se suivent et se dissemblent, elles scratchent et s’attachent pour former une chaîne de partage et d’amitié. La variété des genres et le temps limité des passages nuisent fortement à la monotonie d’un spectacle de poésie classique. Pour Xavier, c’est aussi une magnifique source d’inspiration et la preuve que la poésie n’est pas forcément une réunion morose où l’on parle des petites fleurs en quatrains rasoirs. Ce recueil constitue un échantillon de dix années de fréquentation de ces scènes ouvertes.

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