Michel Dréano

Michel Dréano traque l’émotion où elle se trouve.
Capable de passer d’une drôlerie de môme à une
tendresse poétique, il n’oublie jamais de s’amuser
avec les mots. Mais il sait aussi tisser, avec rigueur
et efficacité, des petits scénarios, très visuels.

l’ouvrage HOMMES SENSIBLES DES QUARTIERS est vendu au prix unitaire de 10 euros

L’AUTEUR :
Mon père, paysan à l’origine, est “ monté ” de sa Bretagne natale à Paris pour gagner sa vie en tant que cuisinier dans les années de l’immédiat après–guerre. Et moi, je suis né en 1952 : je suis donc un “ baby–boomer ”. Mes parents, gaullistes, respectaient l’ordre et votaient à droite. Moi je me sentais libertaire. En fait, je ne rêvais que d’une seule chose : faire du spectacle. Et c’est ainsi, qu’après avoir obtenu deux licences littéraires, je me suis mis à travailler en tant qu’animateur–spectacles dans les villages de vacances et les hôtels–clubs en France et à l’étranger. Je me suis retrouvé responsable d’animation à Tourisme et Travail qui dépendait de la CGT (c’était l’équivalent du Club Med, en plus “ populaire ”). Ainsi pouvais–je gagner ma vie, roder mes textes et mes chansons et surtout me produire tous les soirs face à un vrai public. J’y gagnai l’expérience et l’endurance des métiers du spectacle. Pour ce qui est de mes influences musicales, elles sont nombreuses. Dès l’âge de 15–16 ans, dans le contexte du Paris survolté de l’après–68, j’écoutais le folk–blues américain des années 60 ; Bob Dylan en particulier, ainsi que le blues anglais des sixties (Peter Green, John Mayall). Comme beaucoup de jeunes gens de ma génération, j’ai vénéré les Beatles et “ usé ” jusqu’au dernier sillon de mon électrophone, Sergeant Pepper’s et le double blanc. Petit à petit, je suis allé vers le jazz moderne (Monk, Miles, Coltrane, Parker,
Rollins, Mingus…). En rencontrant l’univers spiritualiste et africain de Pharoah Sanders, je me suis mis à approfondir mon inclination pour les musiques traditionnelles, en particulier celles des peuples mandingues. Une vraie affinité qui devait m’amener, beaucoup plus tard, à rencontrer Djeli Moussa Diawara, un grand griot guinéen, ébouriffant joueur de kora (la harpe africaine).

Je dois un vrai tribut à la grande chanson française de l’après–guerre, dite “ chanson à texte ”. Celle des Brassens, Ferré et Nougaro ; celle qui s’est frottée à la fois au swing du jazz américain
et à la danse canaille de la “ java–valse ” du musette parisien. Quant aux textes, à part une ou deux collaborations exceptionnelles, je les écris seul. Alors que j’étudiais les lettres et l’anglais, j’ai commencé à mettre en musique mes premiers poèmes. C’étaient des blues (en français) sans refrain. Des “ textes–prétextes ” pour des complaintes en mineur. Ils parlaient de mon environnement urbain dans les quartiers populaires de Paris (Belleville–Ménimontant) où je vivais alors. Journaliste, enseignant et réalisateur, j’ai toujours cherché les raisons de croire à la fraternité dans les banlieues du XXIe siècle ainsi que dans “ mes ” villes mythologiques. De laveries automatiques en épiceries arabes. De gares désaffectées en jardins ouvriers. De Paris à Belfast. De Venise à Saint–Denis. D’Hollywood à Belleville. De New York à Montreuil.
Mes chroniques nous baladent dans les villes. Dans les années 1990, j’ai eu l’occasion de réaliser un certain nombre de documentaires sur la banlieue francilienne ainsi que des portraits d’individus emblématiques des migrations qui se sont succédé sur le sol français. J’ai publié récemment Cela s’appelle la ville, cosigné avec le photographe Gérard Monico. Un ouvrage qui a fait l’objet,
le 15 juin 2010, d’une émission sur France Inter (Sous les étoiles exactement de Serge Levaillant). Mon dernier CD autoproduit est une balade sociologico–musicale dans les années 90 qui recycle des programmations d’époque. En assumant leur esprit acid–jazz et rap old school. L’adjonction d’accordéon, d’harmonica, de kora, de sanza et de kalimba a permis d’y ajouter une touche griotique de tradition orale à l’africaine.
MES RENCONTRES CAPITALES AUTOUR DU SLAM
La découverte du slam ? Elle s’est faite un soir de 2001 à “ la Coupole ” à Paris où j’ai entendu pour la première fois Catherine Duval (alias Ktrin’D de l’association Slam Production). Je me suis aperçu que je faisais déjà du slam sans le savoir…

J’ai dès lors commencé à fréquenter les divers bars parisiens de l’époque pour tester mes nouveaux textes. Tout d’abord ceux non destinés à la mise en musique. Dès 2003, j’ai monté
un atelier slam dans le lycée horticole où j’enseigne, des slameurs franciliens venant régulièrement animer les soirées de notre internat (dont une équipe s’est d’ailleurs distinguée au GSN
de Nantes en 2006).
Après avoir gagné le Grand Slam de Paname en individuel en 2010 et le So What de Vitry par équipe en 2011, j’ai commencé à intégrer, au sein de mon récital de chansons, des slams a
cappella. Au point que la partie slamée représente désormais, en 2012, une durée plus large que la partie purement musicale. Le metteur en scène Gabriel Debray a mis en scène mon spectacle solo, donné pour la première fois en juillet 2012, au Théâtre du Local, à Belleville.

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