May Duhameaux Lefresne

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Il a fallu plus de quarante ans, pour qu’un ami la pousse à se faire éditer. Mais, entre temps, des
valises et des valises de poèmes ont été brûlées ou moisissent dans une cave… Ce nouveau livre abrite de précieux rescapés qui témoignent de la vie de May.

L’ouvrage CRIER ÉCRIRE de May Duhameaux Lefresne est vendu au prix unitaire de 10e

May

Née en l’année de la Nuit de cristal, portant le prénom d’une Juive irlandaise, May, la mère de James Joyce, en un temps, un lieu où il valait mieux ne pas apparaître, contre le vœu de sa mère, elle ne tarda pas à être témoin dès son plus jeune âge de l’indicible, l’occupation nazie, contre laquelle dès la première enfance elle se révoltera et dès qu’elle saura écrire confiera à la page blanche son mal-vivre.

La Libération s’accompagnera de la destruction de la maison qu’elle habitait à Douai avec les siens. Réfugiée à six ans avec sa famille, après des mois d’errance dans les fermes du Douaisis, elle atterrit à Lille, boulevard de la Liberté où dans la cour du lycée Fénelon, les élèves, lors d’une récréation, durent observer une minute de silence à la mémoire des six cents morts, incendiés dans l’église d’Oradour-sur-Glane. En septembre elle avait vu défiler à Montigny-en-Ostrevent les bâches orange des libérateurs. Peu après à côté d’un géant inconnu sur le balcon de l’hôtel de ville de Béthune, elle avait vu son père qui recevait au nom des mineurs les félicitations de l’orateur pour leur glorieuse résistance à l’ennemi. Plus grande elle comprit le sens de l’évènement. L’épreuve de l’Occupation avait été trop contraignante, la mère quitta son mari – les deux fillettes connurent un second séisme. Elles se jetèrent dans les études pour tenter de se reconstruire. L’auteure n’eut qu’une idée en tête, acquérir son autonomie. Le diktat maternel lui imposa des études de pharmacie. L’internat décroché, elle put se suffire à elle-même et dire adieu à sa seconde famille et surtout à son pervers de beau-père qui la harcelait.