Aimé Nouma

Maq120x190-AimeNouma-4.inddNé au Cameroun et élevé en banlieue parisienne, ancien virtuose du ballon rond, Aimé Nouma s’est converti en jongleur de mots qu’il met en musique avec un flow très fluide.

l’ouvrage LES PLEURS DU MALE d’Aimé Nouma est disponible au prix unitaire de 10e

Bien qu’ayant une sœur et un frère de trois et six ans mes cadets, j’ai vécu comme un enfant unique jusqu’à mes 10-11 ans. Hasard de la vie qui m’a sans doute amené à développer mon imaginaire et ma créativité.
Grâce à mon talent au foot, j’étais un de ces enfants connus et entourés d’amis. À l’extérieur, j’étais assez turbulent mais, chez moi, je pouvais passer des journées entières à m’occuper seul dans ma chambre, à jouer, à lire et à m’amuser.
Bibliothèque rose, bibliothèque verte puis tout ce qui me tombait sous la main, évidemment beaucoup de BD. Une vraie boulimie de lecture. Au bout d’un moment les charmantes bibliothécaires de Saint-Gratien, ma petite ville de banlieue n’étaient même plus étonnées de me voir ramener après quelques jours les nombreux ouvrages que je venais d’emprunter.
Mes premiers coups de coeur en littérature : Le Roman de Renart, puis Rabelais avec son personnage frère Jean des Entommeures et encore François Villon, dont la vie de mauvais garçon m’a peut-être inspirée. Les “Mamadou et Binéta”, livres scolaires africains que m’avait fait découvrir mon père, m’apportaient du dépaysement.
Pour l’anecdote, mon paternel, qui avait reçu à l’époque des “colonies” un enseignement scolaire sans doute plus drastique que le mien, avait une très belle main d’écriture pleine de courbes et de déliés. Je voulais naturellement qu’il m’apprenne cet art proche de la calligraphie, et devant son refus, je me souviens m’être dit : « Tu verras, moi j’écrirai mieux que toi ! »
Mais je n’étais pas si fier de moi quand, systématiquement en début d’année scolaire, maîtres puis professeurs lisaient en classe mes rédactions ou dissertations. À l’époque, cette mise en avant de ma prose ne correspondait pas à l’image que j’avais et surtout voulais donner de moi.
Heureusement, les gens changent, les choses changent et j’espère aujourd’hui que vous aimerez ma prose et ma poésie.