Camille Case – La Peau Lisse des Frontières


Camille Case est initialement le nom donné à mon héroïne,dans un petit essai romanesque qui dort désormais au fond du secret d’un tiroir.
Celui qui avait inspiré ce long texte repose lui aussi désormais, en paix.
Cette histoire racontait les attentats du 11 septembre vus par une Camille,
troublée par un « détonnant » jeu de mot avec son nom et bouleversée aussi par l’amour et sa rencontre avec son rayonnant (en plein traitement de chimiothépie…) co-locataire,étudiant comme elle.

Cette tentative de roman parlait de terrorisme et de cancer,comme si l’un et l’autre pouvaient relever d’un même principe – et se soigner.
j’ai recherché et travaillé de longs mois durant à l’écriture de ce texte trop autobiographique,trop laborieux, trop solitaire.Il n’a pas su retenir l’attention des éditeurs,mais m’aura au moins libérée de l’ immense chagrin d’avoir perdu l’homme que j’aimais.

Camille Case, est devenu mon « blase » lorsque j’ai découvert le slam.
Je me suis mise à aimer ces rencontres, cette manière de communer dans les bars, cette poésie singulière, la fulgurance des textes courts,la petite musique de chacun,cette forme de partage qui est le vif de nos actualités.

Ecrire sous cette forme vivante est devenu pour moi une grande évidence, un engagement,à la fois poétique et politique parce qu’à mes yeux,de telles scènes sont des espaces de démocratie authentique.J’aime y retrouver des gens qui vivent eux aussi la plume à la main.
Le slam est un mouvement d’hommes et de femmes ailés.

Les poèmes que contient ce recueil ont été dits (pour la plupart) à l’occasion des scènes ouvertes
et des tournois qu’organisent les slameurs de partout pour se rencontrer.
Le plaisir de se retrouver est vibrant. On repart avec des porte-clés tour Eiffel,
des micros en bois, ou une cruche de vide grenier qui circule entre les favoris du jury du moment.

Pour faire ce recueil, j’ai choisi et rassembler vingt-un poèmes que je connais sur le bout du coeur
Les partager dans l’intimité des pages d’un bouquin, me semble encore autre chose. Mais peut-être s’entendent-ils aussi, autrement que déclamés.

Camille Case

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